PRESSE

article du Républicain Lorrain (06/01/10)

 

 

CULTURE

Les yeux verts, manifestation exceptionnelle autour de Duras

Sandrine Gironde met en scène de "La Maladie de la mort". A voir fin janvier au théâtre Gérard-Philipe de Frouard, près de Nancy.

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Deux compagnies de théâtre se sont retrouvées autour de l’écrivain et cinéaste, auteur de "L’Amant". Le Fonds régional d’art contemporain les a rejointes. Sur trois mois, ces Yeux verts seront sans précédent.

Sandrine Gironde et Marie-Noëlle Brun n’avaient rien calculé. Mais en travaillant chacune de leur côté, elles se sont finalement retrouvées avec un point commun : l’auteur et cinéaste Marguerite Duras. La première met en scène à la fin du mois de janvier La maladie de la mort, au Théâtre Gérard-Philipe de Frouard, près de Nancy.

La seconde installera en mars, au centre culturel André-Malraux, à Vandœuvre-lès-Nancy, un travail autour de l’œuvre cinématographique de Marguerite Duras ­en particulier deux installations L’homme assis dans le couloir et le Durasmaton.
«Le fonds régional d’art contemporain nous a contactées, ajoute Sandrine Gironde. Ils avaient une proposition d’une université parisienne pour travailler sur les archives sonores autour de Marguerite Duras. » De manière naturelle, leur travail, présenté à Metz en février, a constitué le troisième temps de ce qui est devenu les Yeux verts.
«Beaucoup de partenaires ont été séduits par le projet, se félicite Sandrine Gironde. Un événement pareil, il n’y en a quasiment jamais eu en France. » Outre pièce et installations, plusieurs lectures auront lieu au mois de janvier. En mars, des projections de films (India song, Nathalie Granger) sont prévues. Un colloque réunira des spécialistes de Marguerite Duras le 29 janvier à l’université Nancy 2 et une table ronde sur ses rapports avec le cinéma se déroulera le 10 mars.

Explorer le désir

Sandrine Gironde rêve de donner à (mieux) entendre Marguerite Duras, l’auteur de L’Amant. «Elle est parfois accaparée par une génération plus âgée qui a du mal à lâcher prise », regrette la metteuse en scène de 38 ans. Elle-même cherchait un texte et lisait beaucoup de choses. Duras revenait ponctuellement et son choix s’est porté finalement sur La maladie de la mort, non sans question sur sa capacité à porter ce récit sur la scène.
Son choix fait, elle a décidé de faire jouer cette histoire par deux comédiens. Ils portent cette relation d’un homme qui paie une femme pour tenter de la soumettre et de l’aimer. «Cela parle de l’impossibilité de rejoindre l’autre dans sa différence, dans le rapport amoureux, explique la jeune femme. Marguerite Duras explore le désir dans ce texte où chaque mot a un poids. » L’un des personnages de La maladie de la mort a les yeux verts ­c’était également le titre d’un numéro spécial des Cahiers du cinéma consacrée à la réalisatrice d’India Song. La manifestation emprunte ce titre de manière logique, un hommage aussi à un univers non dénué de poésie.

Julien Bénéteau.

Publié le 06/01/2010